Accord sur la Grèce : pourquoi je me suis abstenu.

Malgré le rôle positif qu’a joué François Hollande pour empêcher la sortie de la Grèce de la zone euro, l’accord trouvé lundi matin à Bruxelles n’est pas le bon, ni le dernier.

Hors de question pour moi de voter contre cet accord.

Ce serait nier les efforts entrepris par le Président de la République pour rapprocher les points de vue français et allemands et ce serait également tirer une balle dans le dos d’Alexis Tsipras qui cherche courageusement à montrer qu’une autre voie est possible en Europe que celle de l’austérité ou de la déflation.

Mais, tant qu’il n’y aura pas de réaménagement de la dette grecque, aucun accord ne sera le bon, ni le dernier.

Les contraintes exorbitantes qui s’appliquent au peuple grec aux termes de cet accord s’apparentent à une mise sous tutelle, la mise sous tutelle d’un pays souverain qui s’est exprimé démocratiquement, à plusieurs reprises et encore il y a quelques jours, contre les mesures d’austérité.

Comme l’écrit le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, la liste des demandes de l’Eurogroupe est « pure folie ».

Les Allemands, nos amis allemands, connaissent le prix des efforts. Ils savent mieux que quiconque en Europe que pour s’en sortir un pays, une économie, ont besoin d’air et de confiance.

Redonner de l’air au peuple grec et sortir son économie de sa paralysie, c’est alléger le poids de sa dette.

C’est le seul chemin pour retrouver le chemin de la croissance : réaménager et alléger le poids de la dette grecque. Tout le monde le sait et pourtant l’accord de lundi n’en porte pas trace.

Puisque Manuel Valls nous a demandé en tant que parlementaires de nous prononcer sur le contenu des mesures demandées à Athènes, il n’est pas possible pour moi de dire oui à cet accord auquel je ne crois pas.

Il ne règle rien et il est aussi déséquilibré politiquement qu’absurde économiquement. Il y a fort à parier que l’Europe, telle Pénélope, devra bientôt remettre l’ouvrage sur le métier, constatant à nouveau l’échec des mesures d’austérité qu’elle a proposées.